Photos "A la conquête du Monte Perdido"

Samedi 26 juillet 2003

Départ de CASTELNAU, 16h 30.

01_Samedi_soir__l_arriv_e___N_rin

Chantal, Monique, Betty, Martine, Michel, Didier, Jean-Marc et Lionel se dirigent, par la vallée d’Aure et le tunnel d’ARAGNOUET-BIELSA, vers le village espagnol de NERIN, porte d’accès au parc national d’ORDESA Y MONTE PERDIDO.

Nous démarrons à 20h 30 avec le soleil couchant. Il fait chaud. Pour une mise en jambe, c’est réussi ! Sachant qu’il faut environ 1h 30 à 2h pour atteindre le bord du canyon d’Anisclo afin d’y installer notre premier bivouac, le train est un peu « soutenu ». Nous ruisselons dans la montée mais aucune menace d’orage à l’horizon. Aux dires des uns et des autres, les sacs à dos pèsent des tonnes…Pourtant tout le monde arrivera au bivouac à…22h 15 ! Il fait nuit, nous installons les tentes à la frontale…
11h. Des gouttes de pluie, des éclairs, du tonnerre !…l’orage, sympa, a eu au moins la délicatesse d’attendre que nous soyons installés ! Dans nos tentes, nous percevons quelques bons abats d’eau ; de quoi arroser, dans tous les sens du terme, les tentes neuves !

Dimanche 27 juillet.

05_Le_ciel_est_lourd_de_menaces

Réveil à l’aube après une nuit propice à « l’adaptation » aux conditions du bivouac…bref, courbatures + orage = randonneurs pas frais…
1er petit déjeuner au bord du canyon sous un ciel pas très engageant…Ça promet pour les jours à venir…
Chacun se réveille à son rythme. Petit déjeuner avalé, tentes pliées, sacs faits, nous partons à 9h en direction du barranco de la Pardina. A l’horizon, les 3 Sœurs sont perdues dans les nuages.
L’eau…premier souci de la longue journée qui nous attend. Je compte trouver une source sur la vire que nous allons emprunter mais il m’est arrivé de la trouver tarie…alors faisons gaffe à la consommation !
A l’entrée du barranco, après avoir, sans succès, cherché de l’eau au col d’Arénas, nous apercevons en même temps 3 isards, 1 marmotte et 1 sanglier (marcassin). La journée commence bien.
Nous contournons l’entrée de la vire pour éviter les orties qui ne manqueraient pas de nous « chatouiller » les jambes. L’accès est assez facile. Un peu de contorsions et nous voilà cheminant au-dessus du vide de la Pardina, en direction d’Anisclo pour rejoindre le barranco de Capradiza. Le ciel semble se dégager et prendre une tournure intéressante…à suivre…
Le point d’eau espéré est au rendez-vous. Nous remplissons les gourdes et nous y arrêtons pour manger.
La balade sur la vire est de toute beauté. Profitons de cette promenade « aérienne » car, bientôt, à la jonction avec Anisclo, nous serons amené à traverser des buissons de buis…moins drôle…c’est sans doute le prix à payer pour le reste !
Cette épreuve franchie, nous débouchons sur le barranco de Capradiza, lieu prévu du second bivouac.
Comme nous sommes arrivés plus tôt que prévu, nous décidons de monter à la cabane de Capradiza par un chemin peu fréquenté et assez raide.
Nous trouvons un emplacement pour le bivouac et le barranco possède des baignoires pour baignade et toilette…le luxe !

Nouilles chinoises pour les uns, flocons pour les autres. Les subtilités culinaires du bivouac ne sont pas accessibles à tous ! Tandis que nous mangeons, nous assistons à l’arrivée du berger et de ses 2700 brebis. Martine et moi allons le saluer. Martine parle espagnol, ce qui facilite nettement le dialogue ! Quatre mois seul dans la montagne, de juillet à octobre, sans voir personne (l’itinéraire que nous avons choisi est très peu fréquenté). Il nous indique le chemin du col supérieur de Goriz, notre destination du lendemain.

Lundi 28 juillet.

18_Il_est_l__bas__tout_au_fond

Classique du matin : petit déjeuner, pliage des tentes, préparation des sacs…le tout sous un ciel plein de promesses.
8h 50, nous prenons la direction du col supérieur de Goriz selon les indications du berger. Il nous faut trouver le passage. Le ciel est clair, le col est bien en vue, nous ne risquons pas de nous égarer. Ça grimpe bien. Les pauses nous laissent deviner les brebis que nous avons laissées derrière nous. La tache marron de l’enclos devient de plus en plus petite au fur et à mesure de notre progression. A cet instant je tire mon chapeau à la joyeuse équipe que nous formons : pas de râleurs, bonne entente et le moral est au beau fixe. Monique ne disparaît pas sous son sac, Michel a des ressources cachées et les autres assurent comme de vrais pyrénéistes que nous sommes devenus !
Arrivés au col, nous rencontrons d’autres randonneurs qui empruntent le GR 11 que nous venons de rejoindre. Jusqu’à présent nous n’avions rencontré personne hormis le berger de Capradiza. Fini la tranquillité ! Et tous ceux qui nous attendent au refuge de Goriz ! !
Pour le moment nous pique-niquons après avoir basculé le col, face au cirque de Soaso, naissance du canyon d’Ordesa. Après le repas, Martine et moi allons au refuge tandis que nos compagnons se reposent sur l’herbe tendre. La mission est d’aller réserver les repas du soir et du lendemain soir au refuge de Goriz. Nous n’aurons droit qu’au repas du lendemain, les réservations devant se faire avant 13h ! Pas de problème, nous improvisons avec les biscottes, le pâté espagnol et la vaca que ria (approximatif !).
Le reste de la troupe nous ayant rejoint, nous savourons une bonne bière et partons installer notre 3ème bivouac non loin du refuge. Objectif : lever à 5h du matin pour gravir el Monte Perdido…

Mardi 29 juillet.

34_Le_d_part_pour_le_Mt_Perdu____5h_30

4h 45 : Michel est chargé de sonner le réveil (en douceur), tâche qu’il accomplit à merveille. Un peu comme s’il réveillait tôt ses canards pour les amener à l’abattoir ! Parce que, il y en a quelques uns qui se font du souci devant le défi de ce jour ! C’est pourquoi le départ à la frontale, avant le lever du soleil s’avère nécessaire, nous attaquerons le couloir du Mont Perdu dans l’ombre. Et puis, le spectacle du Cylindre qui s’embrase dans le rougeoiement des premiers rayons du soleil vaut, à lui seul, l’effort d’un lever matinal…mais nous n’en sommes encore pas là !
le début de l’ascension est rude, surtout pour des montagnards fraîchement levés. Nous cheminons sur un sentier empierré qui s’élève assez rapidement. Le jour se lève doucement et nous laisse apprécier dans un ciel pur les couleurs changeantes des montagnes provoquées par les premières lueurs de l’aube. Le Taillon, le Gabiétou, les 3000 au-dessus de la Brèche, le Canyon d’Ordesa nous donnent à voir leurs couleurs chocolat, argentée, ocre, rose, sans cesse renouvelées au fur et à mesure de la montée du soleil dans le ciel.
En parlant de montée, justement, si nous prenions le petit déjeuner avant d’attaquer ce chaos calcaire encombré de roches aux dimensions imposantes, sous le Cylindre qui commence à rougir ? Les réchauds, gamelles, gâteaux et autre nécessaire à la prise de calories sortent des sacs. Un petit air frais nous incite à enfiler polaire ou coupe-vent. Quelques minutes plus tard la troupe est fin prête pour repartir. Les quelques souffrances du départ sont déjà très loin et laissent la place pour d’autres à venir !
Après quelques obstacles que nous franchissons gaillardement, nous prenons pied à l’Étang glacé, juste sous le col du
Cylindre, voie d’accès pour basculer sur la face Nord du Mont Perdu et sur son célèbre glacier. Ce qui nous attend, sur notre droite, plein Est, c’est le fameux couloir…c’est vrai qu’il a l’air bien raide ! Qu’importe, nous sommes tous bien décidés à vaincre ce dernier obstacle ! Une petite heure de montée plus tard nous découvrons le glacier de la face Nord sous nos pieds et, face à nous, la Brèche de Tuquerouye qui mène au cirque d’Estaubé et au lac des Gloriettes. Derrière nous, les 50 petits derniers mètres à gravir sur un névé pour « dominer le Monde » !

10 heures du matin, à 360° un spectacle inoubliable par cette météo généreuse. Au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest, les pics de la chaîne se livrent à nos regards gourmands. Les canyons d’Anisclo, d’Ordesa et de Pineta sont issus du même lieu géniteur…Le Vignemale et son glacier d’Ossoue nous invitent à prendre rendez-vous. Au Nord, la verdure et les arbres, au Sud, les estives arides et pelées. Combien de temps sommes-nous restés à contempler et à mettre des noms sur les pics et massifs ? « la Maladeta, ça ne serait pas ces monts, là bas ? Et ça, c’est pas le Posets ? Et derrière le Castillo Mayor, comment tu l’appelles déjà cette table penchée ? Etc..etc… ».
La descente du couloir se fait en douceur. Certains visages expriment une forme de crispation qui laisse deviner que l’épreuve n’est pas de tout repos. Atteindre l’étang glacé pour y casser la croûte, manifestement, ça se mérite !
Nous laissons filer le temps tranquillement au bord de l’étang avant de redescendre au refuge. Nous y arrivons à 16h 30 pour y déguster la bière des « conquérants du Monte Perdido ».

Ce soir c’est la fête ! Le Mont Perdu et les 54 ans de Lionel…lequel est le plus vieux ?
Nous avons « réservé une table » au refuge de Goriz. Mais auparavant nous allons installer les tentes à un endroit (avec baignoires !) que nous avions repéré lundi, en descendant le col supérieur de Goriz. Après un bon bain « tonique », nous nous mettons sur notre 31 pour notre premier vrai repas depuis notre départ. L’anniversaire de Lionel est honoré à coups de cerveza et de vino tinto ; il fait faire avec les moyens locaux !
Retour au bivouac pour une nuit bien méritée !

46_Le_soleil_couchant_sur_Ordessa

Mercredi 30 juillet.

Départ à 9 heures en direction du col d’Anisclo. Nous remontons ce que nous avons descendu lundi mais nous laissons le GR 11 au col supérieur de Goriz pour emprunter une « variante » qui nous mène à Anisclo par une vire aérienne de laquelle nous pouvons admirer, sous des angles sans cesse changeants, la beauté sauvage du canyon.
Deux passages délicats donnent un peu de piment à la balade ; deux passages qui requièrent un peu de la souplesse des isards…
Après le pique-nique, nous rejoignons le col d’Anisclo et sa vertigineuse perspective sur la vallée de Pineta (1200 m d’à pic où s’égare le GR 11…) au fond de laquelle nous voyons, tout petit, le Parador du Monte Perdido.

La descente vers Fuen Blanca met à rude épreuve cuisses et mollets. Le canyon qui se resserre et la flore qui change à chaque ressaut nous font oublier nos « souffrances » ! Deux isards broutent près du rio Vellos, ce torrent qui nous amènera, demain, (déjà !)à la voiture qui nous attend à l’entrée du canyon. Pour l’heure, jouissons encore de l’instant présent et des trous d’eau que nous offre le torrent à Fuen Blanca. Notre dernier bivouac sous la chute de Fuen Blanca…

54_Bivouac___Fuen_Blanca

Jeudi 31 juillet.

 C’est presque fini…nous démarrons à 8 heures de Fuen Blanca pour arriver en début d’après-midi au parking. Au fur et à mesure de notre descente, le canyon referme sur nous ses parois ocre et ses vires empruntées lundi comme pour mieux nous retenir…

55_La_descente_vers_le_parking__c_est_fini