un air d'Arizona...

Un week-end de mai 2005

Ça fait un moment qu’on a envie de traîner nos guêtres du côté du Castillo de Acher…Alors nous profitons de ce week-end prolongé pour pousser jusqu’au fond de la vallée d’Aspe, point de départ de nos trois jours de balade.
Les sentiers qui grimpent à l’assaut du lac d’Estaëns ouvrent la porte vers le massif calcaire du Visaurin (2670m) et les couleurs rougeoyantes du Castillo de Acher.

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La météo ne nous est pas favorable (orages annoncés) et notre départ du parking de Sansanet vers 14h peut nous prévoir une fin d’après-midi « fracassante » !
Pas besoin d’attendre la fin de la journée ! Après ½ de marche l’orage éclate. Vite, les capes de pluie et l’attente de pouvoir reprendre le cheminement.

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Le berger a rassemblé ses brebis au fond du vallon. Il a dû cavaler partout avec ses chiens pour éviter qu’elles ne s’éparpillent. Nous profitons de cet arrêt pour « tailler la bavette » et ce berger là nous parle plus des méfaits des chiens errants que de ceux de l’ours ! Il en repère de plus en plus, des chiens errants, une vraie calamité. Ça change des discours « officiels ».

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Nous reprenons la marche vers le lac d’Estaëns que nous atteignons sous un plafond plus que bas…
Nous commençons par le Visaurin et prenons direction SO. Nous ne savons pas où nous nous arrêterons pour bivouaquer, aujourd’hui l’adaptation aux conditions météo est de rigueur…alors avançons, on verra bien (façon de parler !). La brume nous entraîne sur un sentier bien marqué mais nous nous rendons compte assez vite que ce n’est pas la bonne direction : demi-tour et nous cherchons le passage qui, effectivement’ n’était pas évident dans ces conditions. Avec la brume, la vallée de los Sarrios dévoile pudiquement ses charmes.

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Nous atteignons la caseta de los Forestales qui aurait pu nous servir d’abri pour la nuit mais, autant l’aspect extérieur est séduisant, autant l’intérieur est crade de chez crade. Avec ou sans orage, nous préférons poursuivre et trouver bivouac plus loin.

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19h 30 : badaboum…vite il faut planter la tente sous les premières gouttes ! On évite le « trempage intégral » et réussissons à nous glisser à l’abri sans être top mouillé. Et ça va dure cinq heures ce vacarme et ces abats de grêle ! Qu’il fait bon au fond du sac dans ces moments là !
Au réveil la montagne est blanche de la grêle tombée durant la nuit. Nous constatons que « l’aire de bivouac » est suspendue entre ciel et terre ! Nous n’avions pas vraiment le choix de l’endroit et encore bien qu’il se soit trouvé là au bon moment sur ce flanc de montagne ! La brume matinale les déchire et laisse apparaître des trouées. Dans ces conditions nous tentons ‘accès au Visaurin. Nous nous posons un moment au dernier col en attendant de voir la tournure que prend la météo (la brume s’épaissit). La visibilité nous permet d’avancer mais pour ce qui est de jouir du panorama…que dalle !

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La prudence nous commande de repasser par le lac d’Estaëns, nous y ferons le point sur la conduite à tenir. La descente se déroule sans le moindre roulement de tonnerre. La météo prévoit un changement pour mercredi et mercredi c’est…demain ! Alors soyons optimistes et cap sur le Castillo de Acher !

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L’approche est longue, le plafond bas se déchire de plus en plus et nous permet d’admirer la nature environnante. Pas suffisamment, pourtant, pour deviner « le grand col rouge » au-delà du barranco de la Rueda noyé dans les nuages. Le chemin est : tout droit, à flanc de barranco. Lorsque nous atteignons le haut du barranco, la brume nous empêche d’aller plus loin sans risque, aussi nous bivouaquons sur place : demain il fera jour !

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Et pour faire jour, il fait grand jour et grand beau et la première vision en mettent le nez hors de a tente est ce col rouge majestueux ! Le moral a grimpé de 150 sur l’échelle du moral ! Ciel d’azur, terre rouge, vert profond, nous sommes sur une autre planète !

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Nous partons à l’assaut du col, duquel nous devrions apercevoir le Castillo. La montée se fait dans l’allégresse (à tous les niveaux). Le névé du col ajoute sa blancheur aux couleurs de l’endroit. Plus nous approchons du Castillo, plus le paysage est changeant.

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Je ne connais pas l’Arizona mais ces paysages ont quelque chose de « Fordien » (du John Ford des grands espaces !). Aurons-nous suffisamment d’yeux pour imprimer ce que nous voyons ?

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Ici une empreinte d’ours toute fraîche dans la boue rouge. Nous flânons dans ce décor de western en contre bas du Castillo. Après avoir fait un point, nous constatons que si nous allons au sommet, nous ne rentrerons pas avant 2 ou 3 heures du matin dans nos foyers respectifs…et on bosse tous les deux le lendemain.
Alors nous entamons le chemin du retour en nous promettant d’y revenir.

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